بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Fiche H.13 — L'usurpation (ghaṣb)

بَابُ الغَصْب

Prendre le bien d'autrui sans droit — un grand péché et une responsabilité totale jusqu'à restitution.

Objectif de la fiche

À la fin de cette fiche, tu connaîtras la définition du ghaṣb (s'emparer du bien d'autrui sans droit), ses 4 conséquences cumulatives sur le ghâṣib (restituer, indemniser, payer le loyer du temps d'usage, supporter toute perte), et l'esprit général : le bien d'autrui est sacré.

قَالَ ﷺ: « مَنِ اقْتَطَعَ شِبْرًا مِنَ الأَرْضِ ظُلْمًا طَوَّقَهُ اللَّهُ بِهِ يَوْمَ القِيَامَةِ مِنْ سَبْعِ أَرَضِين »

« Quiconque s'empare injustement d'un empan de terre, Allah l'en chargera (comme un collier) au Jour de la résurrection — issu de sept terres. »

Sources : al-Bukhârî et Muslim.

🚫

Le bien d'autrui est sacré

Le ghaṣb est une injustice grave. Le Prophète ﷺ dans le ḥadîth de l'adieu : « Vos sangs et vos biens sont sacrés entre vous, comme la sainteté de ce jour, dans ce mois, dans cette ville » (muttafaq). L'usurpation va du grand pillage au simple empan de terre grignoté chez le voisin. Et la responsabilité du ghâṣib est totale : il doit restituer, indemniser, payer pour l'usage, et supporter toute perte — même imprévisible. C'est l'inverse du dépositaire qui n'est responsable que de sa faute.

📖

Vocabulaire essentiel

غَصْبghaṣb
Usurpation : s'emparer du bien d'autrui sans droit.
غَاصِبghâṣib
L'usurpateur.
رَدّradd
Restitution : rendre le bien à son propriétaire.
ضَمَانḍamân
Responsabilité : payer la contre-valeur si le bien est perdu.
عِرْقٌ ظَالِم'irq ẓâlim
« Racine usurpatrice » : ce qu'on a planté sur le terrain d'autrui.
Étape 1

Ce que tu dois savoir

Deux blocs : les 4 conséquences sur le ghâṣib, et le cas du terrain usurpé.

1

Les 4 conséquences sur le ghâṣib

Restituer, indemniser, payer l'usage, supporter la perte
Responsabilité totale, même pour les pertes imprévisibles.
  1. Restituer le bien à son propriétaire, même s'il doit payer plusieurs fois sa valeur pour le récupérer.
  2. Indemniser la dépréciation : si le bien a perdu de la valeur entre l'usurpation et la restitution, il doit compenser.
  3. Payer le loyer / la contre-valeur d'usage du bien pendant la période où il l'a détenu — comme s'il l'avait loué.
  4. Garantir totalement la perte : si le bien périt — même par cas fortuit (incendie, tremblement de terre) — le ghâṣib en supporte la valeur. C'est une responsabilité absolue, contrairement au dépositaire qui n'est responsable que de sa faute.

Et toute plus-value du bien (croissance, fruit) reste au propriétaire — le ghâṣib n'a aucun droit à se l'approprier.

2

Le cas du terrain usurpé

« Pas de droit à la racine usurpatrice »
Si le ghâṣib a planté ou construit sur le terrain d'autrui, le propriétaire peut tout faire arracher / démolir.

Hadîth : « Pas de droit pour une racine usurpatrice » (Abû Dâwûd, ṣaḥîḥ).

  • Si quelqu'un usurpe une terre et y plante des arbres ou y construit des bâtiments, le propriétaire revient :
    • Il a le droit d'arracher les plantations et de démolir la construction.
    • Le ghâṣib doit en assumer la perte et remettre le terrain en état.
    • Le ghâṣib doit aussi indemniser le loyer de la période d'occupation.
  • Cas particuliers : si la situation est techniquement irréversible, on cherche une compensation équitable (le propriétaire achète les plantations à prix raisonnable, ou inversement).

Contexte français / européen

📌 Règles à retenir

Étape 3

Pour aller plus loin

Erreurs à éviter et mini-quiz.

⚠ Erreurs fréquentes

🧠 Mini quiz

Cite les 4 conséquences sur le ghâṣib.

Voir la réponse
1) Restituer le bien ; 2) indemniser sa dépréciation ; 3) payer le loyer du temps d'usage ; 4) supporter toute perte, même par cas fortuit.

Différence entre la responsabilité du ghâṣib et celle du dépositaire ?

Voir la réponse
Le ghâṣib est responsable absolument — même pour les pertes imprévisibles. Le dépositaire n'est responsable que s'il y a négligence ou faute.

Que faire si la personne lésée est introuvable ?

Voir la réponse
Donner la contre-valeur en sadaqa pour son compte, en tenant l'intention que si elle réapparaît, on lui restituera et la sadaqa redeviendra du compte du donateur.