بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Fiche B.5 — Enlever les impuretés

فَصْلٌ فِي إِزَالَةِ النَّجَاسَةِ وَالأَشْيَاءِ النَّجِسَة

La liste des najâsât, leur lavage, et les exceptions importantes à connaître.

Objectif de la fiche

À la fin de cette fiche, tu sauras reconnaître les principales najâsât, distinguer les trois catégories de lavage (mughallaẓa, mukhaffafa, mutawassiṭa), gérer les cas où la couleur ou l'odeur résiduelle ne nuit pas, et résister au waswâs.

قَالَ النَّبِيُّ ﷺ لِخَوْلَةَ فِي دَمِ الحَيْضِ:
« يَكْفِيكِ المَاءُ، وَلَا يَضُرُّكِ أَثَرُهُ »
وَقَالَ ﷺ: « المُؤْمِنُ لَا يَنْجُسُ، حَيًّا وَلَا مَيِّتًا »

« L'eau te suffit, et la trace résiduelle ne te nuit pas » (à propos du sang menstruel sur le vêtement). — « Le croyant n'est pas najis, vivant ni mort. »

Sources : Abû Dâwûd et Aḥmad ; ad-Dâraquṭnî, origine dans les deux Ṣaḥîḥ.

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Principe directeur

Sarhan, à la suite d'as-Sa'di, pose un principe simple : la Sharî'a n'a pas exigé un nombre fixe de lavages pour la majorité des najâsât. Il suffit que la matière de l'impureté disparaisse — couleur, goût et odeur. Une seule exception : la souillure du chien, où sept lavages dont un à la terre sont requis.

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Vocabulaire essentiel

نَجَاسَةnajâsa
Impureté légale visible (urine, excréments, sang, etc.).
عَيْن النَّجَاسَة'ayn an-najâsa
La matière même de l'impureté.
مَيْتَةmayta
Bête morte sans abattage rituel.
يُعْفَى عَنْ يَسِيرِهyu'fâ 'an yasîrih
« On excuse son peu » : pour certaines najâsât, une trace minime n'a pas d'effet juridique.
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Les principales najâsât

Liste tirée du livre
À reconnaître pour savoir quand un lavage s'impose et lequel.
  • Urine humaine.
  • Excréments humains.
  • Sang — sauf le peu, et le sang qui reste dans la viande et les veines (qui est pur) ; le sang menstruel, lui, est najis.
  • Madhî et wadî (sécrétions liées) : on lave le sexe et l'on fait wuḍû' — pas de ghusl.
  • Urine et excréments de tout animal dont la chair est interdite.
  • Tous les fauves (sibâ') sont najis.
  • Toute bête morte sans abattage (mayta), sauf : le corps humain, ce qui n'a pas de sang qui coule, le poisson et le criquet — qui sont purs.

Ce qui n'est pas najis

  • Le sperme humain (selon l'avis solide) — le Prophète ﷺ lavait l'humide et grattait le sec.
  • Les déjections d'animaux dont la chair est licite à la consommation.
  • Le sang qui reste à l'intérieur de la viande et des veines.
  • La sueur du croyant.
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Les trois catégories de lavage

Mughallaẓa · mukhaffafa · mutawassiṭa
L'intensité du lavage dépend de la nature de l'impureté.

1) Mughallaẓa — souillure du chien

Le Prophète ﷺ a ordonné de laver le récipient où le chien a léché sept fois, dont une à la terre. C'est la seule najâsa pour laquelle un nombre est fixé.

2) Mukhaffafa — urine du nourrisson garçon

L'urine du petit garçon qui ne mange pas encore d'aliments solides : une simple aspersion (nadḥ, sans presser ni rincer) suffit. Hadîth : « On lave de l'urine de la fille, et l'on asperge de l'urine du garçon. » Pour la fille, le lavage normal s'impose.

3) Mutawassiṭa — toutes les autres

On lave (raff + 'aṣr, frotter et essorer) jusqu'à disparition de la matière : c'est la grande majorité des cas — urine d'adulte, excréments, sang, etc.

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« On excuse le peu »

La règle qui sauve du waswâs
Trace minime, peu de sang, incontinence : la Sharî'a n'exige pas la perfection technique.
  • On excuse le peu de sang.
  • On excuse le peu d'autres najâsât dont il est difficile de se prémunir.
  • Cas particulier : l'incontinence chronique (salas al-bawl) — la trace habituelle est excusée pour celui qui en est éprouvé.
  • Si la matière a été retirée, la couleur ou l'odeur résiduelle n'invalide pas la pureté (hadîth de Khawla).
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Méthode de lavage

Geste pratique
Retirer la matière, puis rincer ; aucune limite de nombre sauf le chien.
  • 1er geste : retirer la matière solide ou liquide.
  • 2e geste : rincer à l'eau jusqu'à disparition de la couleur et de l'odeur.
  • Pour la souillure du chien : sept passages, dont un à la terre (ou avec un substitut équivalent).
  • Pour l'urine du nourrisson garçon : nadḥ (verser de l'eau dessus) sans frotter ni essorer.

📌 Règles à retenir

🧭 Méthode pratique : appliquer le fiqh

Devant une tache, juger sans s'angoisser.

  1. Comprendre la règle

    • Une najâsa empêche la prière sur le corps, le vêtement, le lieu.
    • Le retrait par lavage est obligatoire.
  2. Identifier la situation

    • De quelle nature est la tache ? (Urine, sang, excrément, chien, autre.)
    • Quelle quantité ? (Peu = excusé pour certaines.)
    • Sur quoi ? (Corps, vêtement, sol.)
  3. Vérifier les conditions

    • La matière a-t-elle bien été retirée ?
    • Reste-t-il une matière visible, ou seulement une trace ?
    • Si chien : sept lavages dont un à la terre ?
  4. Appliquer simplement

    • Cas général : retirer + rincer jusqu'à disparition de la matière.
    • Chien : 7 lavages dont 1 à la terre.
    • Urine de bébé garçon : aspersion.
    • Trace de couleur résiduelle : tu peux prier.
  5. Réviser avec un cas pratique

    • Tu vois une petite tache rouge sur ton vêtement avant la prière. Tu n'es pas sûr que ce soit du sang.
    Réponse en 3 lignes :
    1) Sans signe sensible (couleur, odeur, goût) qui prouve une najâsa, on revient à l'origine : pureté.
    2) Si c'est bien du sang : le peu est excusé.
    3) Tu pries sans hésiter ; tu nettoies plus tard, tranquillement, par sécurité — pas par scrupule.

⚠ Erreurs fréquentes

🧠 Mini quiz

Quelle est la seule najâsa pour laquelle la Sharî'a a fixé un nombre de lavages ?

Voir la réponse
La souillure du chien : sept lavages dont un avec de la terre.

L'urine du bébé garçon non sevré : comment la nettoyer ?

Voir la réponse
Une simple aspersion d'eau (nadḥ), sans frotter ni essorer.

Le sang dans la viande est-il najis ?

Voir la réponse
Non : le sang qui demeure dans la viande et les veines après l'abattage est pur. Seul le sang qui s'écoule (masfûḥ) est concerné.

Une tache de couleur reste après lavage : la prière est-elle valide ?

Voir la réponse
Oui : tant que la matière a été retirée, la simple trace de couleur ou d'odeur n'invalide pas la pureté (hadîth de Khawla).

Une bête est morte sans abattage : sa peau peut-elle servir ?

Voir la réponse
Si la chair de cette bête était licite : la peau redevient pure et utilisable par tannage. Si la bête était interdite : la peau reste najis.
Cas pratique

« Mon chien a léché ma main alors que je me préparais à prier. »

Tu as un chien à la maison. Avant de partir prier, il vient te lécher la main. La prière est dans cinq minutes.

Réponse en 3 lignes :
1) La salive du chien est najâsa mughallaẓa : elle exige sept lavages dont un à la terre — appliqué ici à ta main.
2) En pratique moderne, on peut remplacer la terre par un savon argileux ou une terre purifiée selon de nombreux savants.
3) Tu laves ta main soigneusement avant le wuḍû', puis tu pries normalement — le wuḍû' lève le ḥadath, le lavage retire la najâsa, deux opérations distinctes.