بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Fiche G.3 — Les interdits de l'iḥrâm

فَصْلٌ فِي مَحْظُورَاتِ الإِحْرَام

Ce que le pèlerin doit éviter pendant l'iḥrâm, et les expiations en cas de transgression — par oubli, ignorance ou volontairement.

Objectif de la fiche

À la fin de cette fiche, tu connaîtras les 9 interdits du muḥrim, le régime des excuses (oubli, ignorance, contrainte), les 4 catégories de fidya (sans expiation, équivalent, alourdie, allégée), le sort spécifique du jimâ', et tu sauras comment réagir sereinement si tu commets une transgression.

قَالَ تَعَالَى: ﴿فَمَنْ كَانَ مِنْكُمْ مَرِيضًا أَوْ بِهِ أَذًى مِنْ رَأْسِهِ فَفِدْيَةٌ مِنْ صِيَامٍ أَوْ صَدَقَةٍ أَوْ نُسُكٍ﴾

« Quiconque parmi vous est malade ou a un mal à la tête (qui le force à se raser), une expiation : jeûner, ou nourrir, ou sacrifier. »

Source : Coran, sourate al-Baqara (2), verset 196 — base scripturaire de la fidyat al-adhâ.

قَالَ ﷺ: « يَدَعُ شَهْوَتَهُ، وَطَعَامَهُ، وَشَرَابَهُ مِنْ أَجْلِي »

« Il abandonne son désir, sa nourriture et sa boisson pour Moi » — ḥadîth qudsî sur le sens spirituel de l'iḥrâm.

Source : al-Bukhârî (à propos du jeûne, l'esprit s'applique aussi à l'iḥrâm).

L'iḥrâm : un état sacré

L'iḥrâm n'est pas seulement les deux étoffes blanches : c'est un état spirituel où le pèlerin renonce volontairement à plusieurs choses normalement permises (parfum, cousu, soins corporels) pour entrer dans une rencontre avec Allah. Les interdits de l'iḥrâm structurent cet état. Ils ne sont pas des pièges juridiques mais des marqueurs de simplicité, de modestie et d'abandon. Si malgré tout on transgresse, l'islâm est miséricordieux : oubli et ignorance sont excusés, et les expiations existent pour relever celui qui tombe.

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Vocabulaire essentiel

مَحْظُورَات الإِحْرَامmaḥẓûrât al-iḥrâm
Les interdits du muḥrim pendant l'iḥrâm.
مُحْرِمmuḥrim
Pèlerin qui a entamé l'iḥrâm (homme ou femme).
فِدْيَةfidya
Expiation (jeûne, nourriture ou sacrifice) pour transgression.
فِدْيَةُ الأَذَىfidyat al-adhâ
Fidya allégée à choix : 3 jours de jeûne, ou 6 pauvres, ou 1 mouton.
دَمdam
« Sang » : sacrifice à verser pour transgression ou omission de wâjib.
جِمَاعjimâ'
Rapport sexuel — l'interdit le plus grave du muḥrim.
مُبَاشَرَةmubâshara
Caresses sans rapport.
مَخِيطmukhayyaṭ
Cousu : vêtement formé à la couture sur le corps (chemise, pantalon).
Étape 1

Ce que tu dois savoir

Quatre blocs : les 9 interdits, le régime des excuses, les 4 catégories de fidya, et le cas spécifique du jimâ'.

1

Les 9 interdits du muḥrim

+ 2 interdits spécifiques à la femme
Couper cheveux/ongles, cousu (homme), couvre-chef (homme), parfum, gibier, jimâ', mubâshara, contrat de mariage, niqâb/qufâzayn (femme).
  1. 1) Couper ses cheveux ou poils (de la tête ou du corps) volontairement.
  2. 2) Couper ses ongles.
  3. 3) Porter du cousu (mukhayyaṭ) — pour l'homme uniquement. Le cousu est tout vêtement formé à la couture sur la mesure du corps (chemise, pantalon, sous-vêtement, chaussures fermées). La femme peut porter ses vêtements habituels (modestes), elle ne porte pas l'izâr/ridâ'.
  4. 4) Couvrir la tête — pour l'homme uniquement. Pas de chapeau, pas de calotte, pas de turban. Le parapluie ou la tente sont permis (ce n'est pas un contact direct).
  5. 5) Se parfumer — homme et femme. Sur le corps, sur les vêtements, sur la nourriture. Le ghusl à l'eau pure est permis ; le savon parfumé doit être évité au mieux.
  6. 6) Tuer le gibier terrestre comestible et sauvage (et indication / aide à le tuer). Les animaux nuisibles (5 listés par le Prophète ﷺ : corbeau, milan, scorpion, souris, chien enragé) restent permis. Le poisson reste permis.
  7. 7) Jimâ' (rapport sexuel) — le plus grave de tous : invalide le rite, demande une fidya majeure (chamelle).
  8. 8) Mubâshara (caresses) sans inzâl — interdit, mais sans fidya ni invalidation.
  9. 9) Contracter un mariage — pour soi ou en représentant autrui. Ḥadîth : « Le muḥrim ne se marie pas, ne marie personne et ne fait pas de demande » (Muslim).

Spécifique à la femme

  • Niqâb (voile facial cousu sur les yeux) : interdit pendant l'iḥrâm. Elle peut couvrir son visage avec une étoffe non façonnée si elle le souhaite (en présence d'hommes étrangers).
  • Qufâzayn (gants cousus) : interdits. Elle peut couvrir ses mains avec un pan d'étoffe.

Ce qui reste permis pour le muḥrim

  • Se laver, se rafraîchir à l'eau pure (Le Prophète ﷺ s'est lavé en iḥrâm — al-Bukhârî).
  • Changer ses étoffes d'iḥrâm (les laver, les remplacer si besoin).
  • Porter une ceinture, un sac, des sandales (les sandales doivent laisser apparaître le talon et la base des doigts).
  • Se gratter doucement (sans arracher de cheveux).
  • S'abriter sous un parapluie, une tente, un toit de bus.
  • Tuer les insectes nuisibles (moustiques, fourmis qui mordent…).
  • Manger du gibier abattu par autrui non-muḥrim, qui ne l'a pas chassé pour lui.
2

Le régime des excuses (oubli, ignorance, contrainte)

L'islâm est miséricordieux
Sauf pour la chasse, l'oubli, l'ignorance et la contrainte n'entraînent ni péché ni fidya — il suffit d'arrêter dès qu'on s'en rend compte.
  • Oubli (par exemple, on met un parfum machinalement) : pas de péché, pas de fidya.
  • Ignorance (on ne savait pas que c'était interdit) : pas de péché, pas de fidya.
  • Contrainte (un médecin force un soin, un policier impose un vêtement) : pas de péché, pas de fidya.
  • Exception unique : la chasse au gibier — la fidya est due dans tous les cas (oubli, ignorance ou volontaire), car c'est la destruction d'une création d'Allah.

Base scripturaire

Allah dit : ﴿رَبَّنَا لَا تُؤَاخِذْنَا إِنْ نَسِينَا أَوْ أَخْطَأْنَا﴾ — « Notre Seigneur, ne nous reprends pas si nous oublions ou si nous nous trompons » (al-Baqara 286). Le Prophète ﷺ a confirmé : « Allah a levé pour ma communauté l'erreur, l'oubli et ce sur quoi ils ont été contraints » (Ibn Mâja, ḥasan).

3

Les 4 catégories de fidya (pour les actes volontaires)

Sans fidya · Équivalente · Alourdie · Allégée
Chaque interdit a sa fidya propre selon sa gravité. La plus fréquente est la « fidya allégée » (3 jours, 6 pauvres, ou 1 mouton).

(a) Sans fidya — repentance seule

  • Contrat de mariage (pour soi ou autrui).
  • Mubâshara sans inzâl (caresses qui n'ont pas mené à émission de manî).

Le contrat est nul (à refaire après l'iḥrâm). Repentance et résolution.

(b) Fidya équivalente (mithl) — la chasse

  • Tuer un gibier terrestre comestible.
  • Fidya : « Un animal du troupeau jugé équivalent par 2 hommes justes » (verset al-Mâ'ida 95).
  • Au choix : sacrifier l'équivalent et le distribuer aux pauvres du ḥaram, OU acheter sa valeur en nourriture et nourrir les pauvres, OU jeûner 1 jour pour chaque mudd de blé (≈ 510 g).

(c) Fidya alourdie (moghallaẓa) — le jimâ'

  • Jimâ' avant le 1er taḥallul :
    • Le ḥajj est invalidé,
    • on poursuit néanmoins jusqu'au bout (on continue tous les rites),
    • on doit le refaire l'année suivante (qaḍâ'),
    • + fidya = badana (chamelle).
  • Jimâ' après le 1er taḥallul, avant le ṭawâf al-ifâḍa :
    • Péché grave,
    • l'iḥrâm est gâté,
    • il faut sortir au ḥall (en dehors du ḥaram) pour ré-iḥrâmer,
    • + fidya (1 mouton selon la majorité).

(d) Fidya allégée — la fidyat al-adhâ

S'applique aux interdits suivants :

  • Couper cheveux ou poils.
  • Couper ongles.
  • Couvrir la tête (homme).
  • Porter du cousu (homme).
  • Se parfumer (homme et femme).
  • Niqâb / qufâzayn (femme).

Au choix entre 3 options (verset al-Baqara 196) :

  1. Jeûner 3 jours.
  2. Nourrir 6 pauvres (½ ṣâ' chacun, soit ~1 kg de blé/riz par pauvre).
  3. Sacrifier 1 mouton et le distribuer aux pauvres du ḥaram.

Le pèlerin choisit l'option qu'il préfère selon ses moyens et sa situation.

4

Le jimâ' — l'interdit le plus grave

2 fenêtres : avant 1er taḥallul, entre 1er et 2e
Avant 1er taḥallul : ḥajj invalidé + qaḍâ' + chamelle. Après 1er, avant 2e : iḥrâm gâté + sortie au ḥall + fidya.

Cas 1 : avant le 1er taḥallul (= avant ramî 'Aqaba + ḥalq du 10)

Quatre conséquences cumulatives :

  1. Le ḥajj est invalidé (fâsid).
  2. On poursuit néanmoins jusqu'au bout : tous les rites restent à accomplir (ne pas abandonner en chemin).
  3. On doit refaire le ḥajj l'année suivante (qaḍâ').
  4. Fidya = badana (chamelle), sacrifiée et distribuée aux pauvres du ḥaram.

Cas 2 : après le 1er taḥallul, avant le ṭawâf al-ifâḍa

Quatre conséquences :

  1. Péché et repentance.
  2. L'iḥrâm est gâté (l'iḥrâm résiduel après le 1er taḥallul).
  3. Il faut sortir au ḥall (en dehors du ḥaram, par exemple at-Tan'îm) pour ré-iḥrâmer et compléter le ṭawâf al-ifâḍa.
  4. Fidya (1 mouton selon la majorité ; chamelle selon une minorité).

Après le 2e taḥallul (= après ṭawâf al-ifâḍa)

L'iḥrâm est totalement levé. Le rapport conjugal est permis. Mais attention : le pèlerin doit encore accomplir certains wâjibât (mabît à Minâ, ramî des jamarât, ṭawâf al-wadâ'). Il les fait simplement, hors iḥrâm.

Cas 3 : pendant la 'umra

Si jimâ' avant la fin de la 'umra (avant le ḥalq/taqsîr) :

  • La 'umra est invalidée.
  • Il faut sortir au ḥall pour ré-iḥrâmer la 'umra et la refaire entièrement.
  • Fidya = 1 mouton.
5

Le dam at-tamattu' / al-qirân (rappel)

Sacrifice obligatoire pour mutamatti' et qârin
1 mouton ou 1/7 de chamelle/bovin. À défaut : jeûne 10 jours (3 + 7).
  • Bête éligible : équivalente à l'uḍḥiya (mouton de 6 mois, chèvre de 1 an, bovin de 2 ans, chameau de 5 ans).
  • 1/7 d'une chamelle ou d'un bovin équivaut à 1 mouton.
  • Sacrifié à Makka et environs pendant les jours du naḥr (10, 11, 12, 13).
  • Si la bête n'est pas trouvée ou pas accessible : jeûne 10 jours.
    • 3 jours pendant le ḥajj : commencer dès l'iḥrâm de ḥajj possible. Dernier jour acceptable : dernier jour des tashrîq. Permis de jeûner les jours de tashrîq dans ce cas spécifique.
    • 7 jours après le retour à la maison.

Le dam de wâjib omis

Mêmes règles : 1 bête éligible, à défaut jeûne 10 jours. Différence importante :

  • Dam at-tamattu' / qirân (= dam an-nusuk) : recommandé d'en manger une part, en offrir, et en donner — comme l'uḍḥiya.
  • Dam de jubrân (compensation pour wâjib omis ou interdit volontaire) : on n'en mange rien, tout est distribué aux pauvres — c'est de l'ordre des kaffârât.
Étape 2

Comment pratiquer

Quatre étapes pour vivre l'iḥrâm sereinement, sans paranoïa ni laxisme.

🧭 Méthode pratique : tenir l'iḥrâm sans stress

Préparer, prévenir, gérer une transgression éventuelle.

  1. Avant l'iḥrâm — préparer son corps

    • Ghusl complet, couper ongles, raser/raccourcir ce qu'on veut nettoyer (poils intimes, moustache).
    • Mettre du parfum sur le corps avant l'iḥrâm — il peut rester sur le corps, mais on n'en remettra pas après.
    • Ne mettre du parfum sur les vêtements d'iḥrâm que si on est sûr de pouvoir les laver avant — sinon laisser sans parfum.
  2. Pendant l'iḥrâm — vivre simplement

    • Rester en izâr/ridâ' pour l'homme : ne pas mettre slip cousu, t-shirt, pantalon, chaussures fermées.
    • Pour la femme : vêtements habituels modestes, pas de niqâb ajusté ni de gants.
    • Éviter savons et déodorants parfumés — préférer du savon neutre (savon d'Alep neutre, savon noir).
    • Ne pas se peigner les cheveux fermement (risque d'arracher) ; se gratter doucement.
  3. En cas de transgression accidentelle

    • S'arrêter immédiatement (essuyer parfum, retirer vêtement cousu).
    • Si c'était par oubli ou ignorance : pas de fidya, pas de panique. Continuer le ḥajj sereinement.
    • Si c'était volontaire : noter pour acquitter la fidya allégée (3 jours, 6 pauvres, ou 1 mouton) plus tard, sans interrompre les rites.
    • Demander à son guide religieux pour les cas complexes — c'est sa fonction.
  4. En cas de jimâ' — le plus grave

    • Se repentir immédiatement et profondément.
    • Si avant le 1er taḥallul : informer son guide, continuer tous les rites jusqu'au bout (ne pas rentrer chez soi !), prévoir le qaḍâ' l'année suivante et le sacrifice de la chamelle.
    • Si entre le 1er et le 2e taḥallul : sortir au ḥall (par exemple at-Tan'îm), ré-iḥrâmer, compléter le ṭawâf al-ifâḍa, sacrifier 1 mouton.
    • Garder espoir en la miséricorde d'Allah : la repentance sincère efface, même la transgression la plus grave.
    Mini cas : tu mets ton parfum habituel par réflexe le matin du 9 dhû-l-ḥijja, juste avant de partir vers 'Arafa. Tu réalises 5 minutes après. Réponse : tu lave la zone immédiatement, et tu continues ton ḥajj normalement. Pas de fidya, pas de péché — c'était par oubli. Si tu l'avais fait sciemment, tu aurais une fidyat al-adhâ à choix (3 jours de jeûne, 6 pauvres, 1 mouton) — mais ton ḥajj resterait valide.

Contexte français / européen

Plusieurs questions reviennent souvent pour les pèlerins venant d'Europe :

Esprit général : ne pas vivre l'iḥrâm dans la paranoïa. Les Compagnons ont fait le ḥajj sereinement avec le Prophète ﷺ. L'oubli et l'ignorance sont totalement excusés. Le risque d'erreur volontaire grave (jimâ') se gère par la conscience et la concentration sur l'adoration. Concentre-toi sur la prière, le du'â', le dhikr, le ṭawâf, le sa'y — et tout le reste suivra.

📌 Règles à retenir

Étape 3

Pour aller plus loin

Erreurs à éviter, mini-quiz, et un cas pratique.

⚠ Erreurs fréquentes

🧠 Mini quiz

Cite 5 des 9 interdits de l'iḥrâm.

Voir la réponse
Couper cheveux/poils, couper ongles, porter du cousu (homme), couvrir la tête (homme), se parfumer, tuer du gibier, jimâ', mubâshara, contrat de mariage. (+ niqâb et qufâzayn pour la femme).

Si je mets du parfum par oubli, dois-je une fidya ?

Voir la réponse
Non. L'oubli, l'ignorance et la contrainte n'entraînent pas de fidya pour les interdits de l'iḥrâm — sauf pour la chasse au gibier qui est due dans tous les cas.

Quelles sont les 3 options de la fidyat al-adhâ ?

Voir la réponse
Au choix : (1) jeûner 3 jours, OU (2) nourrir 6 pauvres (½ ṣâ' chacun), OU (3) sacrifier 1 mouton — verset al-Baqara 196.

Quelle est la conséquence du jimâ' avant le 1er taḥallul ?

Voir la réponse
Quatre choses : (1) le ḥajj est invalidé ; (2) on continue tous les rites jusqu'au bout ; (3) on doit refaire le ḥajj l'année suivante ; (4) fidya = chamelle (badana).

Quand le rapport conjugal redevient-il permis pour le pèlerin ?

Voir la réponse
Après le 2e taḥallul (= après le ṭawâf al-ifâḍa). Entre le 1er taḥallul et le 2e, tout devient permis sauf le rapport conjugal.

Différence entre dam an-nusuk et dam de jubrân ?

Voir la réponse
Dam an-nusuk (tamattu', qirân, hady volontaire) : on en mange une part, on en offre, on en donne. Dam de jubrân (compensation pour interdit volontaire ou wâjib omis) : tout est distribué aux pauvres, on n'en mange rien — c'est de l'ordre des kaffârât.
Cas pratique

« J'ai mis un slip cousu sous l'izâr, j'ai compris en arrivant à 'Arafa — que faire ? »

Tu pars depuis Médine en bus pour 'Arafa. Au mîqât, tu enfiles ton iḥrâm mais tu gardes par habitude un slip cousu en-dessous (« pour la pudeur, je n'avais pas réfléchi »). Au bus, un voisin te le dit : « Frère, ton slip cousu, c'est interdit en iḥrâm ». Tu retires immédiatement. Tu te demandes si ton ḥajj est compromis.

Réponse en 4 lignes :
1) Tu peux respirer. C'était par ignorance (« je ne savais pas »), tu l'as retiré dès que tu as su. Pas de péché, pas de fidya, ḥajj absolument valide. C'est le régime explicite des excuses.
2) Pour la suite : reste en izâr/ridâ' simple, sans rien dessous. Pour la pudeur : bien arranger le ridâ' qui couvre largement, le serrer à la taille avec une ceinture (permise). Pendant le sommeil, draper avec une couverture si besoin.
3) Si tu doutes ou que la situation se reproduit, demande à ton guide religieux du groupe — c'est sa fonction.
4) L'esprit du fiqh : Allah n'attend pas de toi la perfection, il attend la sincérité et l'effort sincère. Tu es venu de loin pour Lui — Il t'accueille avec miséricorde, pas avec un piège.