La definition de l'adoration · D'apres le Minhaj as-Salikin du Cheikh 'Abd al-Rahman as-Sa'di
Le premier pas dans l'etude du fiqh est de comprendre ce qu'est une 'ibada. Sans cette comprehension, on risque d'accomplir des actes vides de sens, ou au contraire d'inventer des pratiques qui ne sont pas legiferees. L'Imam Ibn Taymiyya a donne une definition qui reste la reference : l'adoration est tout ce qu'Allah aime et agree, paroles et actes, apparents et caches.
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Allah dit : « Je n'ai cree les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent. »
Source : Coran, sourate adh-Dhariyat (51), verset 56
Le Cheikh 'Abd al-Rahman ibn Nasir as-Sa'di (1889–1957), originaire de 'Unayza dans le Najd, est l'un des grands savants du XXe siecle. Connu pour son tafsir "Taysir al-Karim ar-Rahman" et pour ses ouvrages pedagogiques comme le Minhaj as-Salikin, il a forme une generation d'etudiants parmi lesquels le Cheikh Ibn 'Uthaymin. Son approche se distingue par la clarte, la simplicite et l'orientation pratique.
Ibn Taymiyya dit : « L'adoration est un nom qui englobe tout ce qu'Allah aime et agree comme paroles et actes, apparents et caches. » Elle se divise donc en trois niveaux : les actes du cœur (amour, crainte, esperance), les actes de la langue (shahada, dhikr, Coran), et les actes des membres (priere, zakat, jeune, pelerinage).
Elle montre que l'adoration n'est pas limitee aux 5 piliers. Chaque parole benie, chaque geste conforme a la Sunna, chaque pensee tournee vers Allah est adoration. Cela elargit la porte du bien a chaque instant de la journee.
« Il ne leur a ete ordonne, cependant, que d'adorer Allah, en Lui vouant un culte exclusif. » (al-Bayyina, 5). L'acte doit etre fait pour Allah seul, non pour etre vu, loue, ou pour un gain mondain.
Le Prophete ﷺ a dit : « Celui qui accomplit un acte qui n'est pas conforme a notre affaire, il est rejete. » (rapporte par Muslim). L'acte doit etre legifere dans sa forme, son moment, son lieu, sa cause et sa quantite.
« L'origine en adoration est l'interdiction et l'arret a ce qui a ete transmis. » Cela signifie qu'on ne peut pas inventer une nouvelle forme d'adoration : il faut une preuve dans le Coran ou la Sunna.
Attention : ce principe s'applique uniquement aux adorations. Dans les transactions (commerce, contrats, relations), c'est l'inverse : l'origine est la permission, sauf ce qu'Allah a interdit. C'est une regle que tout etudiant en fiqh doit maitriser tres tot.